Stress et santé

BON A SAVOIR

On doit le concept de stress au chercheur Hans Selye (1907-1982), endocrinologue canadien d’origine autrichienne qui, le premier, a décrit le stress ou « syndrome général d’adaptation »  dans les années 1930. Ce biologiste avait remarqué que lorsque l’on soumet une population d’animaux à une contrainte quelconque (par exemple un injection de produit, mais aussi une surpopulation, une restriction alimentaire ou encore une température trop faible), ils tombent malades et meurent. À l’autopsie, on retrouve presque toujours un phénomène qui était à l’époque inexpliqué : l’augmentation de volume des glandes surrénales. Ces minuscules glandes hormonales, situées au-dessus du rein, ont un rôle fondamental dans l’activité du système nerveux sympathique, en sécrétant de nombreuses hormones dont la plus connue est l’adrénaline.

Hans-Selye

Hans Selye

Prenons un exemple : Lorsque vous subissez un stress, c’est-à-dire lorsque vous éprouvez une « agression quelconque » (elle peut être tout à fait minime et sans danger, comme le fait de prendre la parole en public), votre rythme cardiaque s’accélère, vous devenez pâle ou vous transpirez à grosses gouttes. Si la peur ou l’émotion est plus intense, les réactions physiques peuvent être plus importantes, avec, par exemple, des vomissements ou une perte involontaire des urines. Toutes ces réactions sont dues à la production excessive d’hormones et sont à la longue responsables de véritables maladies : on a décrit ainsi des ulcères de l’estomac ou des maladies des coronaires provoqués uniquement par un stress. C’est l’exemple classique de rats de laboratoire à qui l’on donne à la fois de la nourriture (récompense) et une décharge électrique (punition) : le même stimulus engendre à la fois plaisir et douleur. Ne sachant comment interpréter ce stimulus contradictoire, le rat fait rapidement un ulcère à l’estomac, comme le prouve l’autopsie de son cadavre.

L’ensemble de ces signes constitue ce que l’on appelle le « syndrome général d’adaptation »  ou stress (ce mot désigne à la fois la cause et l’effet de l’agression). Il s’agit d’un ensemble de symptômes non spécifiques, qui se manifestent quel que soit l’agent agresseur ou l’événement, et viennent bien entendu s’ajouter aux symptômes spécifiques de l’agression (signes infectieux, traumatiques, post-traumatiques, etc.).

Selon les travaux de Hans Selye et de ses successeurs, le « syndrome général d’adaptation » se développe en trois phases :

La réaction d’alarme : c’est la phase initiale, où apparaissent les premières réactions à l’agression. Chez l’homme, la réaction d’alarme est bien connue : le cœur s’accélère, la respiration est courte et rapide, et il y a des modifications de la répartition du sang dans l’ensemble de l’organisme. Les réponses cognitivo-comportementales se focalisent sur le danger apparemment identifié.

Le stade de résistance : le corps est bien adapté à l’agression, par exemple lorsque celle-ci est permanente (froid, chaleur, inconfort, privation, frustration…). Les réponses cognitivo-comportementales ne sont pas forcément adaptées aux contextes (incongruence, nervosité excessive, perte de contrôle, dérégulation des fonctions physiologiques telles que le sommeil, l’appétit, la joie de vivre etc.).

Le stade d’épuisement – ou Burn-out : le corps est débordé par le stress si celui-ci persiste. Vous tombez malade (somatisation) ou/et vous en mourez parce que vos capacités de résistance sont débordées et vos « réserves » épuisées  (burn-out, désir de mettre fin à tout et à sa vie…).

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LES SIGNES DU STRESS

Les premières réactions aux facteurs de stress peuvent se manifester par de la nervosité, de l’irritabilité, de l’insomnie, de la fatigue, une confusion de la pensée, une baisse de motivation et de combativité… Mais la réponse prend parfois une forme plus aigue et peut déclencher de véritables pathologies. Deux systèmes principaux interviennent dans ces réactions.

Le système nerveux : sa stimulation aboutit à la sécrétion d’hormones, les catécholamines, et notamment l’adrénaline. Cette réaction est très rapide et assez brutale.

Le système endocrinien : au cours d’une réponse beaucoup plus lente, il sécrète de la cortisone. La mise en œuvre de ces deux systèmes suscite des réactions cardio-vasculaires, digestives et métaboliques. Les manifestations cardio-vasculaires se caractérisent, en particulier, par une accélération de la fréquence cardiaque et une augmentation du débit sanguin. La libération de cortisone va se traduire par un mauvais fonctionnement du système immunitaire ou par certains ulcères de l’estomac ou encore toute autre forme pathologique.

Le stress a une action, aujourd’hui scientifiquement démontrée, sur les mécanismes de défense de l’organisme : les ressources immunitaires. Des études montrent que des individus fortement stressés (décès d’un proche, chômage, déménagement et changement de vie…) présentent une baisse significative dans le sang, des lymphocytes, les cellules chargées de produire les anticorps. C’est pourquoi le fait d’être stressé rend plus fragile aux infections.

Vous pouvez le remarquer facilement sur vous-même : lorsque vous êtes mal dans votre peau,  fragilisé par une épreuve existentielle, vous attrapez plus facilement une grippe, une angine ou une sinusite, êtes victime de lombalgie, crise musculaire inflammatoire, etc.

À l’inverse, si vous êtes en pleine forme, vous ne serez pas affecté par les infections virales, même si tout le monde, autour de vous, est malade.

Maladies cardiaques, respiratoires, digestives, mais aussi anxiété, insomnie, fatigue, migraines, infections, sans oublier les accidents plus fréquents chez les personnes angoissées : en fait, il faudrait faire le tour de la pathologie pour parler des symptômes du stress, et il est vrai que celui-ci, en modifiant l’équilibre énergétique, nerveux et hormonal de l’organisme, peut provoquer un très grand nombre de maladies.

Mais ceci ne veut pas dire que le stress soit la cause universelle des maladies : ce serait trop simple, et c’est entièrement faux. La grippe, par exemple, est bien due à un virus, mais la baisse de l’immunité naturelle provoquée par le stress y rend davantage sensible. De même, l’on sait aujourd’hui que l’ulcère de l’estomac est sans doute provoqué par une bactérie : dans cette hypothèse, le stress n’est pas la cause de la maladie, mais un facteur favorisant.

Il faut surtout se rendre compte qu’il est illusoire de vouloir soigner les maladies, une par une, sans tenir compte de la situation à laquelle l’on se trouve confrontée.

Si vous avez des migraines à répétition, il n’est peut-être pas absolument nécessaire de prendre constamment des médicaments dangereux et coûteux. Il est souvent plus utile de résoudre les conflits de la vie quotidienne, parfois à l’origine de cette migraine. N’hésitez pas à en parler à votre médecin : vous verrez que beaucoup de maladies disparaissent comme par enchantement dès que vous vous sentez mieux dans votre peau et que vous avez posé des mots sur vos maux.

LES ATTITUDES DE RÉPONSE

Cependant, il ne faut plus aujourd’hui considérer le stress comme une agression subie : nous ne sommes pas désarmés devant cette angoisse.

Plutôt que de s’attarder sur les causes du stress, il est plus important de s’intéresser à la façon dont chacun d’entre nous réagit pour y faire face. Certes, presque tous les événements de la vie sont source d’anxiété, mais ceci ne veut pas dire que tout le monde soit anxieux et angoissé. On peut avoir une existence très stressante et continuer à être détendu et à bien dormir la nuit.

Il y a deux façons de comprendre cette réaction.

Pour nombre d’individus, le stress est vécu de façon positive : il leur faut une agression extérieure pour se sentir bien et travailler correctement. Ils ont besoin de conflits, de situations d’urgence pour donner toute leur mesure. C’est souvent le cas des médecins, des hommes politiques, des chefs d’entreprise qui veulent être confrontés chaque jour à des situations nouvelles. Il existerait ainsi plusieurs attitudes vis-à-vis du stress, et celles dont nous venons de parler en représentent un type caractéristique.

Dans le deuxième cas, nous sommes fortement agressés par le stress, mais nous sommes capables de mettre au point des parades, ou des mécanismes de défense qui nous permettent de réagir positivement.

Alors que les premiers privilégient l’affrontement contre le stress :  « ça passe ou ça casse », les seconds préfèrent la fuite/adaptation : dès qu’il y a un événement stressant, ils essaient de s’accommoder de la situation, d’y trouver une alternative ou de se distancier.

Ces techniques de défense sont très variables d’un individu à l’autre, car chacun possède ses propres méthodes pour se détendre, et diminuer son degré de frustration/colère.

Pour certains, il suffit de fumer une cigarette, faire quelques pas de marche ou s’étirer.

D’autres s’étendent quelques instants, font du jogging, pratiquent une activité récréative ou artistique, vont au cinéma, ou encore se racontent auprès d’un entourage plus ou moins réceptif et disponible…

En fait, il ne faut pas considérer qu’il y a le stress d’un côté et l’individu de l’autre.

 La vie consiste à s’adapter en permanence à des événements imprévus et épreuves difficiles, et à trouver pour soi, et par soi, les meilleurs moyens de faire face aux facteurs stressants.

Sites web et articles d’intérêt (parmi tant d’autres) :

  • Le stress au travail

http://www.inrs.fr/risques/stress/effets-sante.html

  • Le stress des enseignants

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/04/Frackowiak_Lestress.aspx

  • Le stress des soignants

http://www.aide-soignant.com/article/ressources/dossiers/e-m/as/le-stress-professionnel-un-danger-pour-les-soignants

  • Le stress des étudiants

http://www.studyrama.com/vie-etudiante/s-informer-toute-l-actualite-etudiante/les-dernieres-news-du-monde-etudiant/le-mal-etre-chez-les-etudiants-22259

  • Diverses sources d’information sur le stress :

http://www.stresshumain.ca/le-stress/quest-ce-que-le-stress/historique-du-stress.html

http://www.em-consulte.com/article/15032/stress-oxydant-et-maladies-neurodegeneratives