Face aux phénomènes délétères du processus d’intensification du travail d’une part, à une déshumanisation des rapports humains d’autre part, réfléchissons ensemble et portons un regard juste sur la réalité de besoins parfaitement humains, indispensables à honorer.

Cela fait plus de vingt années que j’écoute la souffrance au travail.

Derrière tous ces témoignages exprimés (quelques milliers…!), recueillis à l’occasion de missions de formation ou encore lors de prestations de coaching d’équipes en gestion du stress et prévention des situations conflictuelles, se cache la réalité d’un rouage systémique relatif à la santé mentale des socioprofessionnels de tous secteurs.

Les dimensions physiologiques, énergétiques, cognitives et comportementales sont affectées par un environnement stressogène, c’est ça la réalité, une réalité commune à tous les mortels !

En clair, la défense immunitaire s’affaiblit sous stress, l’énergie de combativité diminue sous stress, les facultés de concentration, mémorisation, réflexion, créativité sont altérées sous stress, l’écoute, l’adaptation, la flexibilité, la communication interpersonnelle, enfin la motivation se dégradent sous stress… et à l’extrême, le goût de vivre (oui, le goût de vivre) peut s’en trouver impacté à son tour.

Tout s’accélère et tout se chiffre !

 La montée en puissance des évaluations du travail basées sur la mise en place d’indicateurs abstraits, de ratios, de statistiques, d’indicateurs de débits, d’indicateurs de rentabilité, le tout en référence aux contraintes financières, nous éloigne de la réalité du travail, celle du terrain !

Même la santé au travail, le bien-être et la qualité de vie au travail font l’objet d’études et actions préventives à l’appui de méthodes psychométriques, d’indicateurs standardisés, de chiffres !

Le travail est un terrain de rencontres humaines. En cela, il est respectable, constructif, potentialisant.

Alors même que les actions de prévention des risques psychosociaux se basent sur des chiffres, la souffrance psychologique est encore considérée comme une manifestation de fragilité ou de faiblesse avérée. Nous sommes au comble du déni en termes de valeurs humaines perdues ou volontairement bafouées.

Le travail est un terrain de rencontres humaines. En cela, il est respectable, constructif, potentialisant.

L’expérience du travail est fondée sur un engagement du corps dans un rapport sensible à des dimensions difficiles ou impossibles à percevoir par le manager. Il s’agit de dimensions à la fois  techniques, sociales et psychiques. Pour rendre compte de son activité, il faut pouvoir les exprimer afin de les ajuster en permanence. Dans bon nombre de cas, cette tension entre deux approches radicalement différentes du vécu au travail débouche sur un conflit.

Une situation de conflit génère un stress chronique. Le risque d’atteinte à la santé mentale devient une réalité.

Le stress chronique s’accompagne d’une sécrétion de cortisol dont la fonction est de freiner la réaction de stress. Cette rétroaction passe par une action du cortisol sur l’hippocampe, cette structure du lobe temporal assurant un feed-back négatif sur l’hypothalamus et l’hypophyse.

« En situation de stress chronique, tout se passe comme si le fait d’appuyer en permanence sur le frein était à l’origine d’une dégradation du système de freinage ».

De fait, le stress chronique produit une dégradation fonctionnelle et une déperdition neuronale au niveau de l’hippocampe. Or, l’hippocampe n’a pas comme unique fonction de freiner la réaction de stress. C’est une structure décisive pour la mémoire épisodique, cette mémoire qui permet de rappeler et de contextualiser en temps et en lieu les événements vécus.

La dégradation de cette fonction se traduit par une tendance à la surgénéralisation : l’acteur professionnel produit des discours de moins en moins contextualisés alors que ses ressources argumentaires sont justement du côté de son rapport concret à la situation.

La difficulté à revenir sur ce qui s’est réellement passé réduit sa capacité à penser sa situation et contribue à l’enfermer dans une spirale dépressogène : perte de la motivation, perte de l’envie de s’impliquer, perte du plaisir de produire ensemble et d’atteindre des résultats.

En clair, plus l’individu est maintenu sous stress, moins il a de maîtrise sur ses facultés cognitives, siège de la pensée logique, de l’analyse objective, de l’anticipation et de la vision créative.

En cela, il devient victime du contexte, des événements, des comportements de son entourage (dirigeants, collègues, clients, etc.), sombrant dans un syndrome d’épuisement professionnel associé à une perte de sa dignité, un moteur existentiel fondamental.

 

Réhabilitons les valeurs afin que le travail redevienne un terrain de rencontres humaines. Des rencontres illustrées de respect, d’énergie constructive et potentialisante.
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