Je suis intarissable sur le sujet, tant il me passionne. N’hésitez pas à m’interpeller, pour échanger sur vos expériences tant elles sont à chaque fois de véritables cadeaux reçus au présent !

Le stress, également appelé Syndrome Général d’Adaptation (SGA) selon Hans Selye, est proche de l’instinct de survie. Avec ce dernier, on affronte ou on en prend la fuite ! Le système cérébral reptilien nous domine… Ni le système limbique, ni le système cognitif n’ont le temps d’intervenir, car tout va trop vite.

Avec le stress façon « SGA évolué », sous-tendu des aléas et impératifs d’un environnement « moderne », on aurait tendance à subir… jusqu’à épuisement, et avant d’en prendre conscience, en déclarant des pathologies, troubles du comportement ou addictions diverses pour exprimer ressentis, besoins et souffrances. Il s’agira pour autant d’un même langage sensoriel et psychoaffectif auquel un décodage simplissime est pourtant possible pour alimenter autant de réponses de compensation thérapeutique adaptées, au cas par cas.

Besoin de voir de belles choses, d’entendre des sons harmonieux, des paroles validantes et régénératrices, de recevoir des soins corporels sécurisants, accompagnés d’un toucher apaisant, de bénéficier d’odeurs évocatrices et calmantes, de retrouver des saveurs gustatives appréciées. Et la vie retrouve du sens… par les 5 sens !

Un socle commun à tous -et à tout âge, facilitateur de bien-être, activateur d’apaisement et d’épanouissement : la qualité de l’accompagnement et son pouvoir de sécurisation.

Parce que l’être humain est un être sociable et socialisable, que son équilibre psychoaffectif est indispensable à son adaptation cognitive et comportementale, il lui est indispensable d’être soigneusement accompagné, respecté dans ses besoins de sécurité, approuvé dans ses goûts et préférences, félicité pour ses aptitudes, encouragé dans ses progrès, stimulé avec bienveillance tout au long de son parcours de vie, et jusqu’à la fin.

Est-il utile de le rappeler ? L’apprentissage de la vie se fait par les cinq sens : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et le goût, en constante interaction, consciente et inconsciente, avec l’environnement.
Il s’agit bien d’enjeux (mises en je ) d’expérimentation, de médiation, de communication, puis de validation psycho-socio-affective, mis au service de processus d’apprentissage, d’acquisition et de maintien de l’autonomie. Enfin et c’est là bien l’essentiel… de la consolidation du sentiment d’être vivant !

SNOEZELEN est un néologisme issu de la contraction de deux verbes néerlandais : Snuffelen : explorer, flairer, fureter, partir à la découverte, et Doezelen : estomper, adoucir, se détendre, profiter.
Deux éducateurs spécialisés hollandais au charisme indiscutable :
Ad VERHEUL, ergothérapeute, et  Jan HULSEGGE, musicothérapeute développent le concept aux Pays-Bas dans les années 70, au  De Hartenberg Institute, spécialisé dans l’accueil de personnes atteintes de handicap mental. Depuis lors, les champs d’application se sont démultipliés en Europe et partout dans le monde, auprès des populations fragilisées par le Grand-Age, la dépendance et les pathologies neurodégénératives associées comme la maladie d’Alzheimer, des personnes gravement malades et en fin de vie, et concernent depuis peu le secteur de la Petite Enfance pour l’intérêt démontré de l’éveil sensoriel comme levier d’apprentissage, de résilience et de socialisation réussie.

A propos d’expressions, perçues parfois comme anodines, entendues après un bon repas, un bon bain, une marche pieds nus dans le sable, un massage de relaxation, telles que : « Je me sens revivre ! », « J’ai l’impression d’être une nouvelle personne ! », « Je me sens remis d’aplomb ! », etc., nous possédons les plus beaux témoignages d’une vérité primaire, tellement simple que l’on pourrait en oublier les mécanismes déclencheurs aux multiples bénéfices. D’une expérience sensorielle plaisante telle qu’un joli paysage, une chanson aimée, un câlin chaleureux, une senteur connue, un plat particulièrement apprécié, et surtout lorsqu’elle est partagée et validée par l’AUTRE… et le goût de vivre naît et renaît à volonté !

Je vous invite au plaisir du visionnage de ce film réalisé à l’appui des travaux de Naomi Feil (La Validation) qui ne s’inscrit pas dans une approche Snoezelen à priori, et qui pourtant à mon entendement, est évocateur et représentatif d’une stimulation multisensorielle bénéfique sur plusieurs plans, tactile, visuel, auditif… enfin, une merveille, car toutes ces approches se fédèrent autour d’une seule et même mission : soulager, rassurer, apaiser par l’art d’entrer en relation de communication analogique, sensorielle et émotionnelle. Ainsi va la vie !

Naomi Feil and Gladys Wilson