Nous le savons tous… Il semble à première vue impossible de mesurer la souffrance résultant d’une carence affective. Pourtant, lorsqu’un patient a été négligé, critiqué, humilié ou ignoré dans son enfance, il s’est produit des modifications physiologiques dans ses processus internes et cérébraux que l’on peut parfaitement mesurer, des années plus tard, lorsqu’il revivra sa souffrance.
Les avancées récentes de la recherche en psychologie, neurologie, biologie et physique quantique ont élargi nos connaissances, et les informations provenant de ces diverses disciplines peuvent maintenant s’intégrer dans un cadre global de prise en charge, de soutien en éducation ou relation d’aide, ce qui améliore considérablement notre compréhension des êtres humains.
Qui aurait pu imaginer que l’origine des migraines, des névroses, des phobies et de bon nombre de troubles du comportement puisse remonter à l’enfance, à la naissance ou à la vie intra utérine, et que le processus pathologique pouvait s’inverser à l’appui d’une prise de conscience du ou des déclencheurs stockés en mémoire sensorielle et émotionnelle (système limbique) ?
Il est prodigieux que l’on puisse ainsi défaire et refaire notre histoire de vie, juste en modifiant l’impact émotionnel associé à l’expérience « engrammée » comme disent les neurologues (comprendre : mémorisée).
D’un sentiment négatif à transformer en positif, et la nature nous donne les sécrétions chimiques du cerveau qui nous permettent de nous défendre, de résister et de mobiliser de nouveaux comportements d’adaptation. C’est ce que Boris Cyrulnik a judicieusement nommé la résilience, une ressource présente en chacun d’entre nous.
Nous possédons tous, sans exception, un supra pouvoir lié au bon usage de notre mental sur nos souffrances et sur la construction de notre équilibre identitaire, voir immunitaire.
C’est une question de discipline, d’intelligence, de recul, de motivation ou de volonté, ce qui revient au même résultat désiré : se porter mieux pour mieux résister !

Partageons ensemble, si vous vous en sentez (santé !), cette interview magnifique d’Alexandre Jollien et Philippe Pozzo di Borgo échangeant à propos du sens de la vie, de l’expérience du handicap et de l’humilité comme force d’acceptation et d’évolution constructive. J’y suis toujours aussi sensible, malgré les dizaines et dizaines de visionnages accordés, et plus encore, j’en reste éblouie à chaque fois davantage ! Ainsi, plutôt que de palabrer par écrit, je vous invite à déguster littéralement ce reportage, car chaque phrase prononcée, souvent teintée d’humour de part et d’autre, apporte force et espoir inconditionnel dont nous pouvons nous nourrir au quotidien.
Résister Philippe Pozzo di Borgo et Alexandre Jollien