J’ai la joie d’évoquer ici l’histoire d’une personne dotée d’un génie personnel, celle de Susan Polgar, championne d’échecs internationale. Chacun a une manière spécifique d’utiliser son cerveau. Nous nous en doutions ou en avions la conviction ! Nous détenons tous en effet « un génie personnel » qui ne demande qu’à s’exprimer et à s’épanouir. Il est cependant intéressant de comprendre à quel point notre éducation nous enseigne la manière d’en développer les potentialités ou pas ! 

Pour devenir un génie, un expert, ou simplement être bon dans une discipline plutôt qu’une autre, l’apprentissage précoce reste la seule recette valable, à la condition d’y associer les notions de plaisir et de reconnaissance. Et si nous avons raté le coche d’une éducation valorisante à ce propos, il reste possible à tout âge d’en entreprendre l’initiative par nous-même.

Nous reconnaîtrons dans ce domaine l’importance du travail à fournir et des efforts répétitifs nécessaires, car il s’agit là d’une autodiscipline incontournable.

Nous prendrons ensuite en compte l’existence de conditions favorables multifactorielles, considérées comme des leviers motivationnels fondamentaux :

  • l’envie d’aller explorer des potentiels inexploités,
  • l’aptitude à prendre des risques soutenue d’une sécurité affective à toute épreuve,
  • l’importance d’une bonne volonté et d’une prédisposition au succès fondées sur l’estime de soi déjà encouragée et stimulée à la base, ou encore à développer tout au long de la vie,
  • l’amour (oui, l’amour), la passion et l’intérêt personnel portés pour le ou les sujets étudiés,
  • la présence pérenne d’un entourage encourageant, stimulant et bienveillant.

Nous nous accorderons ensuite sur un consensus optimiste issu d’un constat scientifiquement validé concernant les chances de mobiliser notre génie personnel : les différences cérébrales n’ont aucune incidence sur les stratégies de réussite ! Ainsi, au départ, nous sommes tous dotés des mêmes possibilités. Il nous reste à exploiter nos ressources mentales et comportementales comme autant de réservoirs d’action et d’accomplissement pour mener à bien nos projets de vie, intimes et précieux, tant personnels que professionnels, et à les considérer comme uniques au monde.

Sur le stricte plan neuronal, il est démontré que l’apprentissage agit sur la structure du cerveau. La répétition permet d’inscrire dans le système limbique également appelé « inconscient » ou mémoire profonde (et encore mémoire à long terme), une foultitude d’informations qui deviendront ensuite accessibles à la mémoire de travail, à savoir au cortex cérébral (également appelé conscience). La technique de « l’apprendre par coeur », même sans comprendre, répond depuis toujours et en plein bon sens, à l’objectif de performance attendue. Ajoutons la notion de plaisir et nous toucherons au génie !

Est-il utile de rappeler ici que le stress, le doute, la crainte de déplaire, d’échouer, ou la peur d’être soumis à des sanctions, sont essentiellement liés à la représentation mentale de notre identité profonde construite depuis notre tendre enfance dans le regard et l’attitude de l’autre ? Cette réalité nous suit et nous poursuit tout au long de notre existence.

La validation de l’effort, même s’il est improductif, devrait accompagner toute forme d’éducation et d’enseignement ! L’effort démontre une conscience de soi, la mobilisation de ressources, auquel manqueront peut-être ou sûrement des stratégies mentales et comportementales indispensables à la réussite. Ainsi, il ne suffit pas d’apprendre pour apprendre. Encore faut-il détenir la perception intuitive, ou induite par une guidance bienveillante, du résultat abouti et de la satisfaction personnelle qui lui sera associée.

Dans tout processus d’apprentissage, nous utilisons nos cinq sens pour observer, appréhender notre environnement, en mémoriser les éléments utiles et produire des comportements adaptés. Même sans expérience aucune, l’acuité sensorielle suffit à stimuler l’intuition du comportement d’adaptation juste. Quelle magnifique révélation !

Devrions-nous alors, pour l’ensemble de nos choix et orientations, privilégier notre intuition et ainsi donner libre cours à notre hémisphère cérébral droit ?

Et s’il nous manquait les stratégies logiques et analytiques de mise en forme, de mise en action, produites dans notre hémisphère cérébral gauche ?

Cerveau droit et cerveau gauche sont complémentaires et indissociables, même si différents et séparés d’un corps calleux qui régule les neurotransmissions selon une alchimie électromagnétique toute personnelle, unique, précieuse et intime, toutefois soumise à une cohorte de tensions et conflits internes… car il en va ainsi de la vie et de ses paradoxes !

Le génie personnel s’appuie sans doute sur une éducation des deux hémisphères cérébraux afin qu’ils coexistent en bonne harmonie,  en complétude et facilitation de leurs modes de transmission et de communication. Certaines avancées en neuroimagerie cérébrale démontrent les bienfaits de la synchronisation cérébrale ou de la cohérence cardiaque. J’évoquerai simplement à ce sujet l’avantage des principes et méthodes de préparation mentale, chers aux athlètes et sportifs de haut niveau et à tous ceux qui atteignent les sommets de la performance sans s’y perdre !

Enfin, pour illustrer cet article, je vous invite au visionnage de ce reportage sur Susan Polgar, son histoire, son éducation, ses réussites et performances extraordinaires. Largement instructif à propos du fonctionnement cérébral et de ses formidables potentiels, il vous suffira de trouver le temps d’une écoute de 50 minutes pour déguster le meilleur à la fin, comme toujours !

Bon régal, bonne réflexion, et à bientôt.